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Journées d’études SFPS 2016 à Grenoble

Je me suis déplacé ce jeudi 21 avril à l’Université de Grenoble, pour les Journées d’études 2016 de la SFPS (Société Française de Psychologie du Sport). 😃

Le matin, j’ai assisté à plusieurs présentations d’études très enrichissantes qui m’ont amener à échanger directement avec quelques intervenants sur leurs sujets, en particulier sur les thèmes suivants :

  • Chloé LEPRINCE pour « La gestion du stress dans l’équipe : prise en compte des niveaux individuels et collectifs » :
    • objectif de l’étude : prendre en compte les dimensions intra et interpersonnelles dans la gestion du stress, en identifiant les stresseurs et les stratégies de coping au niveaux individuels et collectifs ;
    • population : les sports concernés par l’étude étaient : volley-ball, hockey sur gazon, football, rugby, basket-ball ;
    • les stresseurs individuels et collectifs pris en compte sont ceux liés aux 4 catégories d’Arnold et Fletcher [2012] :
      • la performance,
      • l’environnement,
      • le collectif,
      • l’organisation et la logistique ;
    • les résultats démontrent que :
      • les stratégies individuelles sont centrées sur la distraction (« je ne fais rien, je pense à autre chose »), sur la tâche (sur l’action d’après je réfléchis à comment les contrer ou les enfoncer »), sur le désengagement (« c’est plus la peine, j’ai pas envie de me battre davantage sur la fin de match ») ;
      • les stratégies collectives mises en place sont :
        • la communication (discussions entre coéquipiers),
        • le soutien moral (rassurer un partenaire),
        • la répartition des responsabilités (chacun sait ce qu’il a à faire),
        • la compensation collective (dans le cas où le meneur est dans le dur, les autres gèrent),
        • le regroupement (collectif soudé lors de lancers-francs par exemple),
        • la régulation émotionnelle interpersonnelle (prendre sur soi pour ne pas impacter les coéquipiers).
      • la conclusion est donc qu’il est donc important de prendre en compte les niveaux individuels et collectifs dans la gestion du stress dans les sports d’équipe.
  • Quentin ROUAULT pour « Optimiser les habiletés attentionnelles des badistes de haut niveau : un programme d’entraînement mental intégré basé sur la pleine conscience » :
    • définition : la pleine conscience ou mindfulness définit « un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention intentionnellement au moment présent, sans juger, sur l’expérience qui se déploie moment après moment » (Kabat-Zinn, 1990) ;
    • objectif de l’étude : concevoir un programme d’entraînement mental intégré aux séances d’entraînement de badminton permettant de développer les habiletés attentionnelles et d’optimiser les performances de jeunes badistes de haut-niveau ;
    • population : 9 badistes du Pôle France Jeunes et 5 du Pôle Espoir de Strasbourg (15h d’entraînements par semaine) ;
    • méthode : programme sur 8 semaines :
      • Module 1 : psychoéducation
        • il s’agit tout d’abord de perturber la concentration des athlètes ;
        • puis de les former à se fixer un objectif attentionnel, qui sera systématiquement stipulé dans un carnet personnel d’entraînement ;
        • ce carnet permet également le suivi de la progression et de l’engagement des athlètes ;
      • Module 2 : pleine conscience
        • il s’agit là d’introduire la mindfulness et de rappeler l’importance d’une pratique régulière ;
        • des exercices audio sont mis à disposition ;
        • cette pratique est intégrée dans le cadre de l’entraînement spécifique et de la préparation physique, ainsi qu’en autonomie pendant toute la durée de la pratique ;
      • Module 3 : acceptation
        • prise de conscience de stratégies d’évitement utilisées pour développer les stratégies d’acceptation ;
        • une part importante est effectuée pendant les entraînements ;
        • il est maintenu une pratique quotidienne de mindfulness en focalisant sur l’acceptation des pensées ;
      • Module 4 : points d’attention
        • prise de conscience des routines et des points d’attention utilisés par les athlètes ;
        • optimiser et entraîner ces routines (stratégies de reconcentration)
    • même si les résultats du programme sont en cours d’analyse, il est important de signaler :
      • que la plupart des athlètes semblent vouloir pérenniser les outils et apprentissages à leur pratique future (routine de performance, fixation d’objectifs, focalisation sur la respiration pour se « re-centrer en match » ;
      • que les exercices audio ne semblent pas correspondre à l’ensemble des individus ;
      • que l’investissement de l’entraîneur dans le projet d’optimisation des ressources mentales semble essentiel à l’adhésion générale du groupe ;
      • que la limite semble être la durée qui mériterait d’être allongée ;

 

L’après-midi, Aymeric Guillot, Professeur des Universités, Responsable de l’équipe Performance Motrice, Mentale et du Matériel (P3M) du Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport (CRIS) de Lyon 1 a réalisé un exposé très dense et mis à jour des dernières informations scientifiques sur les multiples bénéfices de l’entraînement par Imagerie Motrice. Les dernières études démontrent que cet outil de préparation mentale que j’utilise souvent est extrêmement performant lorsqu’il est utilisé à bon escient et avec des règles précises.

Enfin, la journée s’est conclue par un débat sur « l’efficacité de la Préparation Mentale en période olympique », auquel participait Guillaume Gille, ancien handballeur international français. Avec l’équipe de France, il est double champion olympique, double champion du monde et double champion d’Europe. J’ai eu la chance d’échanger longuement avec lui en fin de journée sur l’intérêt d’avoir dans son staff, dans les sports individuels et collectifs, un préparateur mental, et le chemin qu’il nous reste à parcourir pour y parvenir.

 

Journées d'études SFPS 2016 Grenoble 2