Tennis : prise de conscience (« insight ») durant une séance de préparation mentale

 

Préparation mentale Aix Tennis

Le métier de Préparateur Mental réserve régulièrement de belles surprises : chaque séance est unique et la personne accompagnée et moi sommes parfois surpris de ce que l’on y trouve. Et lorsque « l’insight » jaillit pendant l’entretien, cela devient magique…

Voici l’exemple d’un joueur de tennis que j’accompagne, classé 2/6 à 16 ans, qui démarre sa 6e séance en me parlant de son dernier match où il s’est « senti très mal ». Il a gagné, mais « ce match l’a gonflé ».

Comment un tel début de séance peut déboucher sur une prise de conscience de lui, de sa tête, de son corps et ainsi l’aider durablement pour les prochaines échéances ?

Voici comment s’est déroulée cette séance de préparation mentale que je prends plaisir à partager avec vous ce jour, tout en respectant la confidentialité sur l’identité de l’athlète accompagné. Lire la suite

Bac 2016-Expérience Hypnotique à J-7 de l’épreuve de Philo

Hypnose

Hier, à J-7 avant l’épreuve de Philo du Bac 2016, j’ai démarré une expérience hypnotique avec une étudiante qui venait pour apprendre à mieux gérer son stressLire la suite

Conseils pour atteindre vos objectifs du mois de juin

Réussite Personnelle ou ProfessionnelleBac, Concours, Permis de conduire, Fin de saison sportive, Entrepreneurs, …

Le mois de juin démarre avec divers objectifs en vue pour les personnes que j’accompagne et qui ont une cible commune : la Réussite !

Par grands thèmes d’objectif, je vous propose ce qu’il est opportun, concrètement, de mettre en place d’aujourd’hui jusqu’à la réussite que vous atteindrez dans quelques semaines.

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« Le flow peut-il nous aider dans la vie de tous les jours? », article publié sur Creation-Paris.com

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Pour information, j’ai humblement participé à la relecture de cet article sur le Flow paru sur : http://www.creation-paris.com/flow/.

Bravo surtout pour la rédaction initiale très pertinente d’Anne Vaneson-Bigorgne, que je félicite pour sa compréhension du sujet.


« Toujours pas spécialiste du sujet, mais toujours intéressée par cette approche, je vais tenter avec vous l’aventure du flow dans la vie quotidienne pour voir ce qu’il peut apporter après traité du flow dans les loisirs créatifs.

Dans un environnement de plus en plus anxiogène, si, si, lisez les magazines qui traitent de développement personnel… mais pas que : ils regorgent de sujets sur le burn-out professionnel ou parental d’ailleurs, le manque de confiance (en soi, envers le système, les autres, les institutions…), le pessimisme, etc. Faites l’exercice simple de regarder au kiosque à journaux en bas de chez : vous constaterez probablement l’apparition de nouvelles revues sur la psychologie positive, le flow… Poursuivez l’exercice en jetant un coup d’œil sur les couvertures des magazines grand public : certes les marronniers de l’été figurent en bonne place, mais également comment surmonter ce type de difficultés en 5 ou 10 conseils.

Pour mémoire, je vous rappelle que le flow (littéralement flux en anglais) est un concept qui a été défini par Mihaly Csikszentmihalyi dans les années 70, comme étant l’atteinte d’un « état de grâce » par une personne totalement concentrée sur ce qu’elle fait.

En replaçant cette définition dans notre environnement -qui parfois manque d’optimisme ne serait-ce qu’aux plans économique, politique, professionnel, etc.- peut-on être en état de grâce au quotidien ?

Si je rapproche le flow du domaine sportif par exemple : les athlètes ne battent pas des records tous les jours à l’entraînement. Que font-ils donc qui pourrait nous servir au quotidien pour être porté et atteindre cet état de flow ? Ils s’entraînent, tous les jours, ils répètent des gammes en quelque sorte, ils visualisent, programment les gestes qui les conduiront vers l’infini et au-delà. Ah non, ça c’est Buzz l’éclair dans Toy Story ! Vous souriez ? L’exemple n’est pourtant pas si incongru que cela : Buzz l’éclair avant de s’élancer a « construit » le parcours qui lui permettra de «s’envoler » vers « l’infini et au-delà ». De la même façon, les sportifs, pour se mettre dans les meilleures conditions de réussite, décortiquent les gestes qui leur permettront de franchir des caps, ce qui leur permet de gagner en confiance en eux et de générer du bon stress je jour J parce qu’ils savent ce qu’ils doivent faire et surtout comment y arriver.

Revenons à la réalité : comment le flow peut nous aider au quotidien ? Au même titre que « Audaces fortuna juvat » vieil adage employé par Virgile dans l’Énéide, qui se traduit communément par « la chance sourit aux audacieux, aux optimistes », la chance avant d’arriver, se travaille pour amener à la confiance en soi, expression tendance en matière de développement personnel comme la psychologie positive, le flow, le burn-out, etc. Et la confiance (en soi, en autrui, en l’avenir….) -ingrédient indispensable voire clef- pour entreprendre, avancer, réussir… ne se décrète pas, mais se construit, s’installe, à l’instar du Petit Prince et du renard qui vont commencer par s’apprivoiser afin d’avoir confiance l’un envers l’autre.

Je peux me tromper, encore une fois, je ne suis pas une professionnelle du flow, mais ce que j’en connais m’incite à penser que pour qu’il opère dans la vie quotidienne, il faut qu’il soit soutenu par la confiance, l’optimisme, la répétition, l’intuition, l’envie, la connaissance de ce que l’on veut et la volonté de réaliser ce que l’on souhaite.

Mémoriser tout le contexte qui nous a permis d’atteindre, une fois, un objectif avec le juste niveau de stress, avec un moral de vainqueur et tout ce qui a concouru à cet état de grâce d’un moment donné pour le répéter à l’envi, c’est peut-être cela le secret du flow au quotidien. Se souvenir des gestes, des pensées qui ont permis que quelque chose de positif qui dépendait de nous se réalise et les répéter à chaque fois que cela peut nous aider.

Et pour aller plus loin sur les chemins du flow, discipline à laquelle j’ai recours pour relever mes défis, je vous invite à découvrir des techniques qui permettent l’instauration de routines et/ou rituels de performance et d’atteinte de cet « état de grâce », mis en pratique par Florent Duchesne, un préparateur mental spécialiste ès matière.
Je souhaite un flot continu de flow 😉 »
Anne Vaneson-Bigorgne

Accompagnements en Hypnose Ericksonienne et en Préparation Mentale – Bilan 2015 ( 2nde partie )

La fin d’année est le moment idéal pour présenter le bilan de son activité. Aussi, après avoir expliqué ma démarche et présenté dans la 1ère partie de cet article :

  • quelle est la répartition des séances entre Hypnose Éricksonienne, Préparation Mentale pour des demandes concernant le Sport, celles concernant les Études et celles concernant les interventions en Entreprise?
  • les personnes accompagnées sont-elles en majorité des femmes ou des hommes ? Y-a-t-il des différences notables selon le type d’accompagnement ?

 

Je répondrai dans cette 2nde partie aux questions suivantes :

  • quel niveau les sportifs venus pour de la Préparation Mentale en 2015 avaient-ils : départemental , régional , national , international ? Et dans quelles tranches d’âge se situaient-ils ?
  • quant à ceux venus pour de la Préparation Mentale concernant les études, étaient-ils plutôt des écoliers, des collégiens, des lycéens ou des post-baccalauréat ?

 


Focus sur les séances de Préparation Mentale concernant le Sport

J’ai préféré dans cette section considérer le niveau des athlètes accompagnés plutôt que leur statut de sportif professionnel ou amateur. En effet, dans de nombreux sports aux moyens limités, les pratiquants peuvent avoir un niveau international, préparer les championnats d’Europe, du Monde ou les Jeux Olympiques, tout en ayant le statut d’amateur.

En 2015, les niveaux des sportifs que j’ai suivis sont à peu près également répartis de départemental (ou loisirs) à international. Toutefois, je note que 48% des athlètes qui travaillent avec moi ont un niveau national ou international.

J’explique cela par le fait que plusieurs athlètes ont débuté une préparation mentale dans le but de préparer les Jeux Olympiques de Rio en 2016. D’autres sportifs professionnels m’ont également contacté pour démarrer un travail mental plus spécifique, afin de franchir un pallier durant la saison. Il me semble qu’une prise de conscience est en train de s’opérer : les athlètes deviennent demandeurs d’un travail spécifique sur l’aspect mental. Ils sont confortés dans leur choix par les entraîneurs et les dirigeants qui, alors qu’ils voyaient d’un mauvais œil cet apport complémentaire auparavant, l’acceptent de plus en plus, à force de communication sur les études suivies, l’expérience acquise au fil des séances et du niveau des sportifs également. Les entraîneurs comprennent qu’ils ne peuvent endosser tous les rôles et, comme ils délèguent la préparation physique à des professionnels depuis des années dans les clubs, ils tolèrent désormais que la préparation mentale en fasse de même.

 

Préparation_Mentale-Sport_2015_Répartition_Niveau_2015

Malgré un âge de retraite sportive qui se situe vers 35 ans dans la majorité des sports, je constate également que, d’années en années, les sportifs (ou leurs parents) s’intéressent de plus en plus jeune à l’aspect mental. Ainsi, en 2015, 1 sportif accompagné sur 4 avaient moins de 13 ans, 61% étaient mineurs, et 75% des sportifs accompagnés avaient moins de 25 ans :

Préparation_Mentale-Sport_2015_Pyramide_des_ages


Focus sur les séances de Préparation Mentale concernant les Études

Après avoir reporté le niveau et l’âge des sportifs accompagnés, voici maintenant le pourcentage des étudiants selon leur niveau d’études :

Préparation_Mentale-Etudes_Répartition_Niveau_études_2015

Il est à noter que la majorité des étudiants suivis en Préparation Mentale viennent pour un objectif d’examen ou de concours (47%) :

  • 20% sont venus organiser leur travail pour le Bac français, premier « véritable » examen dans le système scolaire français ;
  • 9% sont venus (ou ont repris rendez-vous pour suivre les progrès constatés en 1ère) pour préparer leur année de Terminale ou pour déjouer le stress à quelques semaines du Baccalauréat ;
  • enfin 18% pour préparer un examen ou un concours (plus de la moitié) post-baccalauréat. Les concours préparés cette année ont été, comme les années précédentes : avocat, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce, enseignants.

 

Comme pour les sportifs, je note une baisse de l’âge moyen des élèves accompagnés pour des besoins scolaires, et qui n’attendent plus (eux et/ou leurs parents) l’échéance de l’examen pour se préparer activement:

  • ainsi, j’ai suivi cette année des lycéens qui, perturbés par le nouveau rythme du lycée, sont venus pour organiser leur travail dès la classe de 2nde (20%, soit autant que de lycéens qui venaient pour préparer le Bac français).
  • les 33% des élèves restants étaient en classes de CM2, 6ème, 5ème et 3ème. Les besoins furent : la concentration (gestion attentionnelle des enfants ou adolescents), les difficultés d’apprentissage (apprendre à mieux connaître son mode de fonctionnement pour mieux apprendre) ou trouver des facteurs de motivation.

 

Préparation_Mentale-Etudes_Répartition_Niveau_études_détails_2015


Conclusion

L’accompagnement proposé cette année 2015 sur Aix-en-Provence, qui plus est dans un nouveau cabinet depuis début avril, m’a permis de croiser des enfants, des femmes et des hommes de tout âges, de toutes catégories sociales, de tout niveau d’étude ou tout niveau sportif.

Et c’est bien l’expérience accumulée d’années en années, les formations suivies, les rencontres avec des professionnels qui me permettent de proposer des séances aussi bien à des dirigeants d’entreprise que leurs collaborateurs, à des athlètes professionnels comme à une retraité qui veut progresser en golf, à des écoliers comme à des étudiants préparant des concours d’accession aux grandes écoles.

Toutes ces rencontres, toutes différentes, m’apportent beaucoup et les retours positifs que j’ai reçus m’engagent à poursuivre dans cette voie en 2016 en ouvrant la porte tout aussi bien à celles et ceux qui veulent des séances d’Hypnose Ericksonienne qu’à celles et ceux qui cherchent mieux encore à se préparer mentalement pour atteindre leurs objectifs.

 

 

-> Retour vers la 1ère partie : Accompagnements en Hypnose Ericksonienne et en Préparation Mentale – Bilan 2015 ( 1ère partie )

 

 

Accompagnements en Hypnose Ericksonienne et en Préparation Mentale – Bilan 2015 ( 1ère partie )

La fin d’année est le moment idéal pour dresser un bilan de son activité. Ce bilan, je le fais chaque année depuis 2009, année de lancement de mon activité d’accompagnement en Hypnose Éricksonienne et en PNL en région parisienne, dans le quartier d’affaires de La Défense (92). Cette activité s’est progressivement élargie vers de la Préparation Mentale, à force de rendez-vous avec des étudiants et des sportifs. En 2012, j’ai rejoint ma région d’origine en retournant sur Aix-en-Provence et ai acquis depuis le Diplôme Universitaire de « Préparateur Mental, Intervention et Aide à la Performance » de l’UFR STAPS de Clermont-Ferrand.

J’ai décidé cette année de partager avec vous le bilan 2015 sur mon site internet et ma page Facebook. L’avoir préparé me permet de répondre encore plus précisément aux questions que vous vous posez, et que vous m’avez posées lors de nos rencontres au Salon des Sports d’Aix-en-Provence en septembre, lors de mes visites en Club tout au long de l’année, lors d’ateliers organisés à mon cabinet ou dans d’autres locaux, ou au Trophée des Sports en décembre.

Dans cette 1ère partie, vous trouverez les réponses aux questions suivantes :

  • quelle est la répartition des séances entre Hypnose Éricksonienne, Préparation Mentale pour des demandes concernant le Sport, celles concernant les Études et celles concernant les interventions en Entreprise?
  • les personnes accompagnées sont-elles en majorité des femmes ou des hommes ? Y-a-t-il des différences notables selon le type d’accompagnement ?

Dans la 2ème partie, je répondrai aux questions suivantes :

  • quel niveau les sportifs venus pour de la Préparation Mentale en 2015 avaient-ils : départemental , régional , national , international ? Et dans quelles tranches d’âge se situaient-ils ?
  • quant à ceux venus pour de la Préparation Mentale concernant les études, étaient-ils plutôt des écoliers, des collégiens, des lycéens ou des post-baccalauréat ?

Répartition des séances 2015

En 2015, la répartition des séances que j’ai assurées est de 42% en Hypnose Éricksonienne pour 58% en Préparation Mentale (séances concernant le sport, les études et l’entreprise confondues), comme l’indique le camembert suivant :

 

Répartition_Séances_Demandes_2015

Séances en Hypnose Éricksonienne

Les demandes en Hypnose Éricksonienne ont eu pour objets essentiellement :

  • les phobies suivantes :
    • agoraphobie [peur des espaces ouverts (foule, espaces publics)],
    • claustrophobie [peur des espaces fermés (tunnels, ascenseurs, …)],
    • aérodromophobie (peur des voyages en avions],
    • éreutophobie [peur de rougir en public],
    • émétophobie [peur de vomir],
    • hématophobie [peur du sang].
  • la gestion de traumatismes (deuils, divorces, accidents),
  • les addictions (tabac, nourriture),
  • les troubles sexuels (prise en charge d’hommes et de femmes),
  • les insomnies (difficultés à s’endormir, réveils nocturnes périodiques ou réveils anticipés).
Séances en Préparation Mentale

Je constate depuis l’an dernier une forte progression de la demande en Préparation Mentale, en particulier dans le domaine sportif :

  • comme les années précédentes, les sports de raquettes (tennis et tennis de table), la gymnastique, le golf, la natation mais aussi le rugby et le handball sont bien représentés et continuent de faire des émules ;
  • de nouveaux sports ont aussi fait leur apparition et fait l’objet d’un accompagnement : le badminton, le BMX, l’escrime, le kayak, la course longue distance, le lancer en athlétisme ou le volley-ball ;

De façon plus cyclique puisque les demandes sont davantage concentrées à la rentrée et à l’approche des examens et concours, j’ai assuré 10% des séances de Préparation Mentale dans l’accompagnement de lycéens et étudiants post-baccalauréat.

Enfin, je continue de recevoir des demandes en Préparation Mentale formulées par des entreprises de la Communauté du Pays d’Aix. Elles concernent exclusivement la gestion du stress et la prévention du burn-out chez les collaborateurs et les managers.


Les séances concernent-elles plutôt des femmes ou des hommes?

6 séances sur 10 concernant des femmes, mais les disparités se font sentir selon le type d’accompagnement.

Répartition_Séances-Hommes_Femmes_2015

En effet, la majorité des séances en Hypnose Éricksonienne sont demandées par des femmes (69%) tout comme la majorité des accompagnements en Préparation Mentale dans le domaine des études (81%) et lors des interventions en entreprise (71%).

En revanche, dans le domaine sportif, les hommes (62%) suivent des séances de préparation mentale davantage que les femmes (38%), même si les sports pratiqués sont mixtes.

Hypnose_Ericksonienne-Répartition_Hommes-Femmes_2015

Préparation_Mentale-Sport_2015_Répartition_Hommes-Femmes_2015

 

 

 

 

 

Préparation_Mentale-Entreprise-Répartition_Hommes-Femmes_2015

Préparation_Mentale-Etudes-Répartition_Hommes-Femmes_2015

 

 

 

 

 

 

 

 

-> Lire la suite : Accompagnements en Hypnose Ericksonienne et en Préparation Mentale – Bilan 2015 ( 2nde partie )

 

Interview « Questions de Mental avec Laurent Gambotti, Ultra-Triathlon »

Laurent Gambotti Triathlon Course à Pied

Bonjour Laurent,

En tant qu’ancien triathlète désormais Préparateur Mental, j’ai eu envie, à la lecture de ton exploit début septembre au Pays de Galles (3e de l’Ultraman pour sa 1ère participation), de t’interroger sur ta vision de l’aspect mental lors de la préparation et lors d’une épreuve d’ultra-triathlon.

Tu as sympathiquement accepté ma proposition, et je t’en remercie.


Présentation

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Laurent Gambotti et suis né le 10 novembre 1981 (33 ans) à Bastia. Sportif amateur depuis longtemps, j’ai pratiqué le football, le squash, la chasse sous marine, la motocross, le vtt et le trail. Il y a 4 ans, après avoir ressenti des douleurs aux genoux, j’ai décidé de laisser de côté le trail pour faire du vélo de route moins traumatisant pour les articulations. C’est à ce moment que naturellement je me suis tourné vers le tri. J’ai commencé par des distances courtes et puis rapidement de plus en plus longues. Au bout de 2 ans je faisais mon premier Ironman et 1 an plus tard l’Ultraman…

Qu’est-ce que l’Ultraman en triathlon ?

L’Ultraman est le summum du triathlon. Il s’agit d’un ultra-triathlon dont les distances sont les suivantes : 10 km de natation, 420 km de cyclisme, et 85 km de course à pied le tout sur 3 jours mais en moins de 36 heures au total.

Quand et comment en es-tu arrivé à faire ta première épreuve ?

Après avoir terminé mon premier Ironman à Nice en 2014, j’avais la sensation de ne pas avoir pu atteindre mes limites, de ne pas avoir suffisamment « souffert » pour passer la ligne. J’avais envie d’autre chose : de quelque chose de plus dur, de plus élitiste et de plus exigeant pour le corps et pour l’esprit.

 Laurent Gambotti Triathlon Finisher

Objectifs

Quels objectifs avais-tu avant l’épreuve du Pays de Galles les 5, 6, 7 septembre 2015 ?

Mes objectifs étaient simples : être finisher et réussir à prendre du plaisir.

Lesquels as-tu réussis ?

Les 2. J’ai non seulement réussi à être finisher, à prendre beaucoup de plaisir, aussi incroyable que cela puisse paraître mais en plus à monter sur le podium. Que du bonheur !

« Le corps est en souffrance. Reste alors uniquement le mental. Et c’est là qu’il faut être solide »

 

Gestion mentale

Pour toi, le « mental », c’est quoi ?

Pour moi c’est ce qui peut faire la différence entre 2 athlètes de même niveau, ce qui permettra d’aller chercher dans ses réserves lorsque l’on est à la limite de la rupture, le moyen de se surpasser.

Quelle place prend-il selon toi dans ce genre d’épreuve ?

Fondamental ! Lorsque l’on passe 4 heures à nager, 10 heures sur un vélo ou 9 heures à courir les occasions de baisser les bras sont nombreuses. Le corps est en souffrance. Reste alors uniquement le mental. Et c’est là qu’il faut être solide.

Lors de tes entraînements, comment te prépares-tu mentalement à un tel triathlon ?

Comme pour le physique, le mental se prépare et s’entraine.

Pour ma part, il s’agit tout simplement de m’imposer des séances très dures, parfois plus dures que les conditions réelles de course :

  • pour la natation, c’est sortir nager seul durant 3 heures avec une mer mauvaise, du courant ou très peu de visibilité.
  • pour la course à pied, cela consiste à faire des sorties de 5 heures en courant dans le sable sous plus de 30°C, seul et avec un rationnement en eau.

Dans ces conditions, je t’assure que sans mental on ne finit pas la séance…

Une autre méthode consiste à se faire « mal » en sortant de sa zone de confort : 

  • se lever à 4h30 du matin 5 fois par semaine pendant ses vacances 3 semaines durant pour sortir s’entrainer entre 4 et 10 heures consécutives en fait parti ; 
  • sortir s’entrainer lorsque le corps est fatigué et que tu n’en as aucune envie aussi !

Durant ma préparation des 6 derniers mois, je n’ai pas sauté une seule séance programmée et ce quelque soit mon état physique ou les conditions météo. C’est une manière de tester sa force de volonté.

Travailles-tu cet aspect seul ou avec un Préparateur Mental ? Pourquoi ce choix ?

Je commence à avoir un peu d’expérience à ce niveau là et je me connais bien. Donc je travaille cela seul. Pour moi cela reste quelque chose de très personnel. Je suis le mieux placé pour savoir où se situe ma zone de confort et comment en sortir.

« Il est très facile de se laisser prendre dans des pensées négatives qui pourraient mener à un abandon »

 

Confiance en soi

Sur les trois épreuves (natation, cyclisme, course à pied) quelle est l’épreuve que tu abordes avec le plus de confiance ?

Sans aucun doute le cyclisme.

Peux-tu décrire en quelques mots comment se caractérise, chez toi, cette confiance ?

Par des montées fréquentes d’adrénaline. Quand mon corps répond bien aux sollicitations, cela se répercute sur mon mental qui à son tour influe sur mes performances. C’est un cercle vertueux.

Et quelle est l’épreuve que tu abordes avec le moins de confiance ?

La natation. J’y suis venu sur le tard et comme beaucoup de gens dans ce cas, ma technique laisse à désirer.

Comment se caractérise, chez toi, ce manque de confiance ?

Contrairement au 2 autres disciplines, il est difficile de réussir à s’évader pendant que l’on nage. Il n’y a rien pour se distraire et quand la fatigue s’installe, ton cerveau se focalise alors sur cette fatigue où les douleurs que l’on ressent. Il est très facile à ce moment là de se laisser prendre dans des pensées négatives qui pourraient mener à un abandon.

Comment parviens-tu à déjouer cela ?Laurent Gambotti Triathlon Natation

Dans ce cas là, j’essaie de me focaliser sur des détails : le ressenti de l’eau sur mon corps, aux sensation de glissement sur l’eau, la manière dont ma main pénètre dans l’eau, etc.

Plus que tout je focalise mon esprit sur des pensées positives. Je me dis à moi même :

  • « Ok il reste encore 7 km à nager… mais j’en ai déjà parcouru 3 ! »,
  • « Ok il fait froid… mais cela reste supportable pour le moment ! »,
  • « Ok je suis fatigué… mais je ne dois pas être le seul ! ».

Il ne s’agit pas de nier les mauvaises sensations mais seulement de se focaliser sur les bonnes. Il faut relativiser. Tout est une question de point de vue.

 

« Tiens bon, tu as mal, mais c’est ta tête qui commande ! »

 

Le mental lors de l’ultra-triathlon du Pays de Galles

Lors de l’Ultraman du Pays de Galles, quels sont les moments où ce fut, mentalement, le plus dur pour toi ?

Je pense à un moment en particulier : lors des 280 km de vélo du deuxième jour où lors de la montée d’un col au km 200, j’ai failli lâcher le groupe de tête car mes genoux me faisaient atrocement souffrir et qu’il m’était impossible de me mettre debout sur le vélo. Cela aurait signifié perdre de nombreuses places au classement général.

Comment t’y es-tu pris pour surmonter les difficultés rencontrées ?

Grâce à l’aide d’un autre concurrent.

Alors que j’étais en souffrance, un des concurrents m’a fait un signe qui m’a énormément aidé. Il s’est retourné vers moi, m’a vu en difficulté, alors que j’étais jusqu’alors en tête de peloton, et du doigt s’est touché la tête. J’ai immédiatement compris ce qu’il voulais dire : « Tiens bon, tu as mal, mais c’est ta tête qui commande ! ». J’ai serré un peu plus les dents, repris ma respiration, et m’a tête a repris le contrôle de la situation en faisant partiellement abstraction de la douleur. J’ai pu tenir et passer ce mauvais moment.

Y-a-t-il des mots, des phrases qui te guident, (ou des chansons, … ) qui te permettent d’avancer dans ces moments-là ? Si oui lesquels ? Si non, comment t’y prends-tu pour continuer à t’accrocher ?

Plutôt des mantras que je me répète encore et encore ou des pensées positives basées sur des choses qui me sont chères (mes enfants) ou encore la visualisation de l’atteinte d’un objectif.

A la sortie de cet ultra-triathlon, quelles te semblent être tes forces mentales ?

Sans aucun doute la détermination.

« J’ai terminé les 15 derniers kilomètres en volant…

Je pense même que j’aurais été capable de faire 15 km de plus »

 

L’état de grâce ou le « flow »

Peux-tu nous raconter un moment de la course où tes perceptions physiques se sont trouvées modifiées positivement (en ressentant moins de douleur par exemple), une sensation d’invincibilité (bien-être extrême), et où les notions d’espace et de temps n’existent plus ?Laurent Gambotti Triathlon Cyclisme

Lors du troisième jour où je devais parcourir 85 km avec le passage de 3 cols de montagne, j’avais décidé de ne pas regarder ma montre pour ne tenir compte ni de la distance ni du temps qui, dans ces cas, semblent ne jamais avancer. Cependant au bout (approximativement 7h de course) j’ai commencé à ressentir de fortes douleurs musculaires et articulaires et en à avoir marre. C’est alors que je dis à mon équipe ce que je ressens. La réponse est cinglante : « Profite du moment ». 

J’ai alors pris conscience de beaucoup de choses : des sacrifices que j’avais fait pour en arriver là, notamment les heures d’entrainement et de souffrance au détriment de ma famille) mais aussi la chance que j’avais d’être là dans ces paysages grandioses à faire quelque chose que j’aime. Comment finalement je pouvais me plaindre ? J’ai terminé les 15 derniers kilomètres en volant… Je pense même que j’aurais été capable de faire 15 km de plus.

Comment expliques-tu ce phénomène ?

Le corps humain a une capacité extraordinaire : celui de s’adapter. Lorsque l’on pense que c’est fini, on se trompe. Il reste toujours des ressources. Et c’est là que le mental entre en jeu. En focalisant son esprit sur des pensées positives, on peut parvenir à faire abstraction du message que nous envoie notre corps (fatigue, froid, douleur, faim, soif, …), pour aller chercher des ressources insoupçonnées et continuer à avancer. En fait chacun de nous est bien plus fort qu’il ne le pense.

Comment t’y prendrais-tu pour le reproduire lors d’une prochaine compétition ?

De la manière que j’ai fait au Pays de Galles. En me rendant compte de la chance que j’ai de pouvoir être là car au final personne ne m’oblige. J’ai choisi de souffrir. Il ne faut pas que j’oublie cela.

Avenir

Quels sont tes objectifs pour l’année à venir ?

Il est encore trop tôt pour le dire mais ma « wish-list » est encore longue et heureusement. Beaucoup de challenges orientés longue distance m’attirent. J’attends aussi la confirmation de ma participation aux championnats du monde d’Ultraman à Hawaii en 2016 grâce à ce podium.

Si tu travaillais avec un Préparateur Mental, quels aspects souhaiterais-tu travailler ?

J’ai toujours intégré la méditation et la respiration à mon travail de préparation mais c’est un aspect que j’aimerais travailler d’avantage.


Merci encore, Laurent, d’avoir accepté de répondre à ces « Questions de Mental » de façon aussi précise. C’est passionnant d’entrer et d’afficher ainsi ce qu’il se passe dans la tête d’un athlète de ton niveau.

Je te souhaite une bonne continuation dans tes entraînements et la réalisation de tes objectifs !

Florent.

 

« Décryptage mental d’une défaite à l’US OPEN 2015 »

US OPEN, le 1er septembre 2015 : alors qu’il menait 6-2, 6-4, 3-0, Simon perd finalement les 3 derniers sets 4-6, 4-6, 4-6.

Quel joueur de tennis (et autres sports de raquettes) n’a jamais connu ça? Comment le travailler, en amont ou en aval, avec un préparateur mental? Décryptage…

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À la lecture de son interview*, il n’a pas eu de pépin physique, techniquement et tactiquement, il semble au-dessus… Mais alors qu’a-t-il bien pu se passer mentalement ?

Les hypothèses de travail en préparation mentale seraient :

  • Gestion des émotions : qu’est ce que ça lui fait de mener alors qu’il n’est pas satisfait de son jeu ? et lorsqu’il se met à perdre quelles émotions prennent le dessus ? Comment arrêter cette spirale et retrouver son état interne du début de rencontre ?
  • Gestion de l’instant présent : ne s’est-il pas vu gagner trop vite (futur) ? N’a-t-il pas trop pensé à l’historique avec ce joueur (passé) ? Comment revenir rapidement et efficacement dans le « présent » du point à jouer ?

Voilà les premiers éléments qui seraient à creuser avec l’athlète, au cours d’entretiens individuels avec un préparateur mental.

Ci-après l’interview qu’il a donné :
«Ce qui se passe au milieu du troisième, je ne le vois pas arriver. Je sais que ce que je fais sur le terrain est très mauvais mais je ne m’attends plus à ça. Et puis, d’un coup, deux doubles, trois doubles… huit doubles fautes… sans aucune raison. A fortiori contre un joueur que j’avais toujours battu facilement. Je ne suis pas frustré, j’ai juste envie de m’éclater la tête contre le mur. Je mène largement, je l’emmène où je veux l’emmener. Je sais qu’il n’a jamais gagné en étant mené deux sets zéro et qu’il n’est pas connu pour sa combativité légendaire… Ce que j’ai fait est juste impardonnable. Je suis très énervé.»

 

*cf. Article de l’équipe.fr à lire sur http://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Gilles-simon-elimine-par-donald-young-au-1er-tour-de-l-us-open-c-est-juste-impardonnable/587098

Interview, « Faut-il laisser nos enfants se couper des connaissances acquises pendant l’année scolaire le temps des grandes vacances ? », Regard croisé d’un professeur des écoles et d’un préparateur mental

NosBambins

Pour les élèves de primaire, les vacances ont débuté il y a moins de trois semaines, pour les collégiens plus d’un mois et pour les lycéens, les derniers oraux de rattrapage sont encore très frais. Quoiqu’il en soit, au même titre que nous, adultes, avons besoin de mette notre esprit au repos le temps de quelques jours ou de quelques semaines, faut-il absolument glisser « le sacro-saint » cahier de vacances dans la valise de nos enfants comme un sésame pour les vacances ?  Et si pendant les vacances, plutôt que reproduire des exercices de nature relativement similaires à ceux de l’école avec les fameux cahiers de vacances si chers aux parents, nous en profitions pour faire « travailler » nos enfants autrement, un peu à la façon de monsieur Jourdain ?Gaële Caron et Florent Duchesne

Bien qu’ayant un avis sur la question, que je vous ai exposé dans un article récent, j’ai interrogé Florent Duchesne, préparateur mental et Gaëlle Caron, professeur des écoles pour connaître leur avis de professionnel. Lire la suite

« Jimmy Vicaut a-t-il connu le Flow (ou état de grâce) ? »

Deuxième du 100m derrière Asafa Powell le 4/07 au Stade de France, Jimmy Vicaut a signé le nouveau record de France sur la distance.

Photo Jimmy Vicaut L'équipe

A la lecture de l’interview parue sur l’équipe.fr du soir même*, j’émets l’hypothèse que Jimmy Vicaut, nouveau détenteur du record de France et d’Europe du 100m, a vécu un moment de « Flow » (ou état de grâce) ce samedi 4 juillet 2015 (jour de la Saint Flo-rent 😉 ). Lire la suite